Bientôt 10 atlas de la biodiversité communale

En 2012, le Parc naturel régional du Verdon initiait les premiers inventaires citoyens de la biodiversité.
En suivant l’adage que c’est en connaissant qu’on protège mieux ce qui nous entoure, l’objectif était de réaliser des inventaires de la faune et de la flore des communes en y faisant participer les habitants.
Petit à petit, la démarche a grandi en maturité, elle se construit et se réinvente sans cesse, mais la richesse des échanges, de belles rencontres humaines restent le moteur de cette aventure commune.

Grâce au soutien financier apporté depuis plusieurs années par l’Office français de la biodiversité (OFB), la démarche se poursuit en 2025 avec la réalisation de l’atlas de la biodiversité communale de Castellane et rendez-vous est déjà pris avec les communes de Esparron-de-Verdon et Rougon.
Pourquoi des atlas de la biodiversité communale ?
Un atlas de la biodiversité communale répond à plusieurs enjeux :
En premier lieu, bien sûr, améliorer la connaissance du patrimoine naturel de sa commune.
Le second intérêt est de pouvoir le faire avec les habitants, qu’ils puissent contribuer directement à cette connaissance.
Enfin, une fois identifiés les principaux enjeux de conservation du patrimoine naturel communal : accompagner la commune et ses habitants dans la mise en œuvre d’actions favorables à la biodiversité communale
Pourquoi y a-t-il telle ou telle espèces sur ma commune, dans mon jardin ?
Sont-elles communes, rares, se portent-elle bien ou au contraire sont-elles menacées ?
Qu’est-ce que leur présence nous apprend sur la situation géographique de ma commune et sur le bon état de santé des espaces naturels et agricoles ?
Est-ce que les jardins, les espaces verts de ma commune au cœur de mon village peuvent accueillir des espèces et contribuer à la biodiversité communale ?
Par exemple, comment améliorer leur attractivité pour les pollinisateurs sauvages ?
Au-delà de l’intérêt économique, quel intérêt pour une commune à réduire la durée de l’éclairage public nocturne ?
Autant de questions qui peuvent être soulevées et discutées, en s’adaptant au contexte de chaque commune, que ce soit son environnement physique (relief, altitudes…), climatique, les différents écosystèmes mais aussi les envies, les affinités des habitants pour investiguer dans telle ou telle direction.
En pratique, comment se déroulent-ils ?
Les atlas de la biodiversité communale animés par le Parc se déroulent sur une année complète, de manière à inclure les quatre saisons.
Une première réunion en Conseil municipal souvent suivie d’une réunion publique est le point de lancement.
Cette étape est importante car elle permet une première rencontre avec les habitants, d’identifier des personnes ressources au sein de la commune, connaître les envies auxquelles nous essaierons de répondre au mieux.
En fonction également de l’état des connaissances et des enjeux pressentis, le Parc va définir une première feuille de route des inventaires qui seraient à réaliser et des secteurs prioritaires à prospecter.
Ces inventaires seront menés, suivant le degré d’expertise et la technicité requises, par des spécialistes mandatés par le Parc, par les agents du Parc, par des naturalistes passionnés mais dont ce n’est pas forcément leur métier ; par des organismes partenaires du Parc, ainsi qu’avec le concours précieux des habitants.
Et pour casser une idée reçue, en tant qu’habitant d’une commune, nul besoin d’être forcément un spécialiste.
Toutes les contributions sont les bienvenues.
On est là pour apprendre, se former et ne pas oublier que l’essentiel de la biodiversité n’est pas constitué d’espèces rares et protégées, mais d’un ensemble d’espèces souvent plus communes, mais trop souvent méconnues car ignorées, rarement inventoriées.
Pourtant, dans la crise mondiale que connaît aujourd’hui la biodiversité, ce sont avant tout ces espèces qui sont les plus impactées ; et avec elle, toutes les chaînes alimentaires et le bon fonctionnement des écosystèmes.
Les atlas de la biodiversité communale, ce n’est pas non plus que mettre des noms sur des espèces ! D’autres approches sont possibles et tout aussi intéressantes, comme exprimer sa sensibilité par le dessin, la photo par exemple.
En parallèle aux inventaires qui sont réalisés, le Parc propose aux habitants de participer à une dizaine environ d’animations au cours de l’année.
Proposées le week-end ou en soirée suivant les sujets, ces sorties sont l’occasion de découvrir, de rencontrer des spécialistes et voir comment ils procèdent, d’échanger avec eux en toute simplicité, d’apprendre, se former mais aussi de partager ses connaissances, d’en faire bénéficier les autres.
C’est aussi l’occasion d’autres approches comme dessiner, peindre, écrire, photographier…
Sans oublier les écoles et collèges du territoire qui seront invités à prendre part à la démarche.
Comment puis-je transmettre mes observations, à qui ?
Les échanges sur vos observations peuvent prendre plusieurs formes :

- tout simplement en échangeant sur le terrain avec les agents du Parc référents, ou par téléphone,
- par e-mail, texto,
- en nous envoyant vos photos,
- en utilisant les outils proposés par le Parc :
- pour chaque commune est mis en place un groupe « WhatsApp » qui permet aux habitants de partager leurs observations, de mettre des noms sur des espèces ;
- depuis 2025, la possibilité pour les volontaires de saisir leurs observations directement depuis leur téléphone mobile, en direct, via le site Internet « J’observe mon Parc ». Cela permet au Parc de recevoir directement les observations, leurs dates et leurs localisations précises.
Quels rendus ?
A la fin de la réalisation de l’atlas de la biodiversité communale, le Parc et la commune concernée organisent une restitution générale des résultats auprès des habitants.
Le rendu de l’atlas de la biodiversité communale de Trigance (Var) en 2024 fut également l’occasion de projeter un petit film retraçant la mise en œuvre de l’ABC.
Pour chaque commune, le Parc édite un cahier de la biodiversité.
Ce dernier dresse un portrait de la biodiversité communale, décrit ses particularités, bref ce qu’il faut retenir !
Remis à chaque foyer, ce cahier de la biodiversité est aussi téléchargeable dans la rubrique « Publications « .
Et pour en savoir plus sur tous les atlas de la biodiversité communale réalisés en France, accédez au portail national ressource.
Que se passe-t-il après ?
C’est ensuite à chaque commune et ses habitants d’écrire les pages suivantes.
Mais l’objectif d’un atlas de la biodiversité communale est en effet de pouvoir mener par la suite des actions concrètes en faveur de la biodiversité.
Pour ce faire, en fin d’élaboration, une réunion en Conseil municipal permet de faire un bilan de la mise en œuvre de ce dernier, d’échanger sur les enjeux qui ont été identifiés et quelles actions la commune souhaiterait et pourrait mettre en œuvre.
Le Parc et ses partenaires restent bien sûr à l’écoute des communes comme de leurs habitants, pour accompagner au mieux (conseils, appui technique, recherche de financements etc.) toutes les bonnes volontés pour que la connaissance débouche sur des actions concrètes et donner envie à tout un chacun d’agir en faveur de la biodiversité, avec ses moyens, à son échelle.
A titre d’exemples, la commune de Saint-Julien-du Verdon a réalisé un sentier d’interprétation pour valoriser la réalisation de son atlas de la biodiversité communale.
La commune d’Allons a porté un projet de verger conservatoire et des actions en faveur des insectes pollinisateurs.
La commune de Trigance et l’association locale agréée pour la pêche et la protection des milieux aquatiques souhaiteraient sanctuariser la partie amont d’un petit cours d’eau, véritable réservoir de biodiversité.
Tandis que la commune de Blieux a sollicité le Parc pour étudier la possibilité de rouvrir d’anciens parcours pastoraux et prés bocagers.
Prochain rendez-vous en 2026 sur la commune d’Esparron-de-Verdon.


