L’occupation agricole du territoire du Parc naturel régional du Verdon s’organise autour de deux grands types d’espaces.
D’un côté, les terres cultivables représentent 17 % de la surface du Parc. On y retrouve notamment, à l’ouest, les vastes parcelles du plateau de Valensole avec leurs alignements de lavandin, céréales et oléagineux, ainsi que des zones de polyculture mêlant maraîchage, oliveraies ou encore chênes truffiers.
De l’autre, les secteurs de moyenne montagne accueillent les troupeaux ovins sur plus de 83 000 hectares d’alpages, soit plus de 40 % du territoire, constituant un espace pastoral majeur.
Le Parc se distingue ainsi par deux grands systèmes agricoles.
• À l’est, l’élevage ovin domine, structurant un paysage de parcours pastoraux et de prairies de fauche, ressources essentielles pour les exploitations locales.
• À l’ouest, le plateau de Valensole est le berceau des plantes à parfum, avec une production de lavandin qui représente à elle seule 90 % de l’huile essentielle mondiale. En seulement quatre ans, cette culture a gagné plus de 1 800 hectares.
Le Haut Var, quant à lui, se caractérise par une agriculture plus diversifiée, mêlant polyculture et élevage au sein d’exploitations moins spécialisées que celles du plateau de Valensole.
Une agriculture qui reste forte et dynamique
Avec le nombre de ses exploitations divisé par deux entre 2000 et 2010 (il en reste 589 en 2018), l’agriculture a connu un recul très important comme partout ailleurs sur le territoire national.
Et la tendance pourrait s’aggraver, avec 360 exploitants qui partiront à la retraite d’ici 20 ans.
Malgré tout, le secteur agricole reste un pourvoyeur d’emplois important pour le territoire (750 emplois – 7 % de la totalité), et une dynamique d’installation a permis de stabiliser un peu la situation, grâce à 112 installations ou reprises comptabilisées en 10 ans.
Un pastoralisme qui occupe plusieurs fonctions
Avec 83 000 ha consacrés à la pratique extensive du pâturage, le pastoralisme est présent sur tout le territoire.
Il façonne les paysages en les maintenant ouverts et constitue un des fondements de l’identité du Verdon.
Il participe au développement économique et au maintien du patrimoine et des savoir-faire locaux (comme en témoignent les nombreuses fêtes de la transhumance) et rend de précieux services de lutte contre les feux de forêts, en limitant l’embroussaillement.
Par le pâturage extensif, la fauche et le débroussaillage, les éleveurs assurent l’entretien des parcours et des prairies, freinent la fermeture naturelle du milieu, et participent pleinement à préserver la biodiversité du territoire.
Des productions de qualité
Viande d’agneau, fromages, plantes aromatiques, huile d’olive, miel, truffes… les productions emblématiques du Verdon bénéficient de signes officiels de qualité (IGP et AOP).
Certaines profitent aussi de la marque Valeurs Parc comme le miel, le safran, la bière ou le vin.
Les milieux et les ressources fourragères sont de grandes qualité et révèlent des pratiques agricoles et pastorales extensives, c’est à dire valorisant au maximum la faune et la flore de nos montagnes et collines.
Une vocation agricole et pastorale à pérenniser
Pour anticiper les effets du changement climatique, l’accès à l’eau doit être sécurisé.
Il passe par l’adaptation des pratiques agricoles, par des investissements conséquents pour alimenter les cultures (projets de réseaux d’irrigation en cours), et par la création d’impluviums pour abreuver les troupeaux.
Une prise en compte de la prédation du loup qui ne cesse de croître est également nécessaire, ce qui passe notamment par la réouverture des zones embroussaillées pour offrir plus d’espaces de pâturage sécurisés.

Des débouchés plus nombreux
Grâce à une dynamique lancée depuis 2010, et à la création de nombreux marchés paysans ou des points de vente collectifs, 30 % des producteurs pratiquent les circuits courts ou la vente directe.
Ils trouvent là une plus-value économique, et une mise en valeur touristique de leurs savoir-faire.
Certaines filières ont également fait l’objet d’un programme de valorisation, dans le but de diversifier les revenus agricoles, créer des identités régionales fortes et relocaliser l’alimentation.
C’est le cas par exemple de la trufficulture qui a sa maison de la truffe à Aups depuis 2015, et des vergers paysans qui ont bénéficié d’un travail conservatoire et dont les variétés anciennes fruitières du Verdon sont petit à petit réimplantées dans des vergers publics ou amateurs
Sources des chiffres : INSEE 2022 – IGN 2024 – AGRESTE 2020 – BD OCSOL 2019 (Région Sud)