Dans le Verdon, on peut compter 106 exploitations ovines (43 000 brebis viande), 56 exploitations caprines (1 800 chèvres) et 26 exploitations bovines (400 vaches laitières et allaitantes) soit 20% des exploitations agricoles du Parc (source : estimation d’après le RA 2020).
C’est le double de la moyenne régionale.
Le nombre d’exploitation et le troupeau sont stables.
Le Verdon est une terre pastorale où l’élevage extensif est encore le mode principal de production.
Le pastoralisme est omniprésent sur le territoire du Parc.
Les races locales valorisent les parcours et leur flore diversifiée.
Les moutons, omniprésents dans le Verdon
Les ovins sont l’animal d’élevage qui domine le Verdon.
Ils sont capables de valoriser la broussaille, les prairies d’altitude, de pâturer sous les forêts de chênes.
Les troupeaux sont principalement de races mérinos, préalpes et mourérous.
Les brebis fournissent des agneaux qui sont abattus au printemps ou à la descente d’alpage.
Ils sont alors appelés « tardons ». Les agneaux sont abattus localement car le Verdon bénéficie des abattoirs de Digne et de Sisteron.
Sisteron est le plus gros abattoir ovin de France. Il traite 88% du tonnage régional abattu.
A l’inverse l’abattoir de Digne est de taille modeste et est couplé à un atelier de transformation, ce qui permet aux éleveurs de récupérer leurs animaux pour de la vente directe.
Alors qu’autrefois les ovins étaient élevés principalement pour leur laine, ils sont aujourd’hui valorisés pour leur viande.
La Région Provence Alpes Côte d’Azur est fortement consommatrice et la France importe la moitié de sa consommation de viande d’Agneau (source : IDELE 2025).
Depuis 2021, le prix de la viande d’agneau augmente régulièrement après avoir stagné pendant des années, il varie cependant fortement selon la saison avec un pic à Pâques et un creux aux mois de février et juin (source : IDELE 2025).
L’élevage du Verdon assure une production locale, dont une part croissante est vendue en circuits de proximité et qui représente un atout pour le territoire au regard des enjeux de souveraineté alimentaire.
Des chèvres pour le lait
Les troupeaux de chèvres sont principalement destinés à la production laitière, en vente directe.
Les races sont soit nationales comme l’alpine chamoisée, la saanen ou locales, telles que la Commune Provençale ou la Rove.
Les fromages fabriqués sont de petite taille, vendus le plus souvent sur les marchés et les magasins de producteurs.
Les locaux du Parc accueillent une exploitation laitière caprine en vente directe et à vocation pédagogique : la ferme pédagogique de Valx
Il est à noter que les troupeaux de moutons comportent souvent une ou deux chèvres à grandes cornes, pour aider à guider le troupeau, pour fournir le lait aux bergers…
Un rôle paysager et environnemental fondamental
Le pastoralisme possède un rôle non négligeable dans le maintien des espaces ouverts et à la biodiversité associée à ces milieux.
Sur un territoire forestier à 62%, maintenir des milieux ouverts et lutter contre l’enfrichement sont des enjeux de conservation de la diversité de l’environnement du Parc du Verdon.
Il a un rôle paysager important et il participe à la richesse du patrimoine culturel.
Si les troupeaux de moutons en alpage sont visibles par les promeneurs, les moutons entretiennent aussi les espaces dits « intermédiaires », entre vallées et estives, appelés aussi « quartiers d’intersaison » qui ont un rôle important pour l’alimentation des troupeaux.
La garrigue à buis ou à genêt cendré contribue à la ressource alimentaire à condition de ne pas se refermer, elle devient alors inaccessible aux troupeaux et le risque incendie augmente.
Pastoralisme et changement climatique
Le pastoralisme est particulièrement sensible aux épisodes de sécheresse. L’accès à l’eau pour l’abreuvement des troupeaux et le maintien d’une ressource suffisante sont des enjeux forts pour l’avenir de l’élevage dans le Verdon
Diversité des paysages pastoraux du Verdon




La présence du Loup : une réalité à fort impact
Le territoire fait partie des zones de France les plus touchées par les attaques. Le loup a fait son retour dans le Verdon depuis les années 2000.
S’il est difficile aujourd’hui d’estimer le nombre de meutes présentes, il faut souligner la forte adaptation des éleveurs à ce contexte difficile et la poursuite nécessaire du soutien à la protection des troupeaux.
Le nombre d’attaques annuel depuis 2017 est compris entre 240 et 315 pour un nombre de victimes annuel qui varie de 606 à 1054. Il est plutôt stable depuis 2019 sur le territoire malgré l’augmentation de la population lupine.










