La restauration du patrimoine rural
L’habitat fait partie intégrante du patrimoine rural.
Qu’il soit groupé en village, dispersé…, il s’adapte au milieu naturel dans lequel il s’inscrit, guidé par les besoins de ses habitants.
Comme partout ailleurs, les constructeurs du Verdon ont employé des matériaux locaux comme la pierre.
Mais plus que partout ailleurs, ils ont eu recours à des techniques simples, en raison de la faiblesse de leurs moyens et d’un approvisionnement difficile en matériaux.
Habiter une maison ancienne : avoir des clefs de compréhension
Même si l’édifice ne fait l’objet d’aucune protection règlementaire, votre maison a tout intérêt à bénéficier d’une restauration mettant en œuvre des techniques traditionnelles, dans le respect de son aspect d’origine.
Pour le propriétaire privé ou la commune qui souhaite effectuer des travaux, il convient donc, préalablement à toute intervention, de chercher à comprendre les principes de conception du bâtiment, ses matériaux d’origine, mais aussi son histoire et sa vocation, afin de définir les besoins.
Ce diagnostic s’attachera en premier lieu à prendre en compte l’historique de l’édifice (photos anciennes, archives, devis des travaux déjà effectués), à analyser les causes et l’ampleur des dégradations (naturelle, accélérée par des travaux sur l’édifice ou aux abords,…) et proposera des solutions techniques pour permettre une conservation de l’édifice.
Quels matériaux contemporains peuvent se marier harmonieusement avec l’ancien ?
Comment conserver le cachet tout en répondant à des besoins actuels de confort ou des contraintes environnementales ?
Toutes ces questions vous permettront de faire les bons choix et d’aller vers une restauration exemplaire.
Se faire conseiller : premier réflexe indispensable
Les pétitionnaires auront tout intérêt à solliciter l’avis de professionnels au sein de l’Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine (UDAP), du Conseil d’Architecte d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) dans le Var, l’architecte conseil du Parc naturel régional du Verdon, ou encore le conseil des associations du patrimoine comme Maisons Paysannes de France qui l’aideront à élaborer le projet au niveau architectural mais aussi financier (se reporter à la plaquette « adresses utiles »).
Pour les édifices les plus complexes ou les restaurations lourdes, il conviendra, dans la plupart des cas, de faire appel à une équipe de maîtrise d’œuvre.
Des fiches conseils adaptées à vos besoins
Le Parc vous propose de consulter le guide « Architecture et arts de bâtir traditionnels du Verdon » qu’il a édité en 2013.
Ses fiches techniques et pratiques vous apporteront de multiples conseils.
Chaque fiche propose d’observer / connaître le bâti, de diagnostiquer / intervenir de façon adéquate.
Les dangers indiquent comment éviter les mauvais gestes, ou encore l’usage de matériaux non compatibles avec le bâti ancien.
Des conseils énergétiques, en rapport avec les contraintes environnementales actuelles, sont également promulgués.
L’utilisation du ciment est néfaste dans l’entretien du bâti ancien.
Extrait de la fiche 2 « Maçonnerie »
Sa grande dureté et son manque de porosité empêchent l’évaporation de l’humidité naturelle contenue dans les murs, provoquant ainsi des remontées capillaires et un décollement des enduits.
Afin de favoriser l’équilibre hygrothermique des maisons anciennes, on utilisera essentiellement de la chaux hydraulique naturelle (NHL) ou aérienne.
Des aides possibles
Selon votre situation personnelle, et le type de travaux que vous souhaitez entreprendre, différentes structures peuvent vous apporter un soutien financier.
- L’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH apporte quelques modifications à son aide “Habiter Mieux”.
En 2019, elle se forme en 4 nouvelles aides, Habiter sain, Habiter serein, Habiter facile et Louer mieux, en savoir plus ici.
Le but recherché est d’avoir une approche plus juste à différents projets de rénovation, le principe de l’aide reste inchangé : offrir un moyen de financement aux propriétaires, qu’ils soient résidents du logement ou bien bailleurs, pour effectuer des travaux de rénovation du logement.
L’avantage de cette aide est la possibilité de la cumuler à d’autres dispositifs, comme avec le Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique. - La Fondation du patrimoine www.fondation-patrimoine.org
- Des intercommunalités sont susceptibles de mettre en place des opérations façades, n’hésitez pas à vous renseigner.
- Certains dispositifs (prêts aidés, défiscalisation,…) mis en place par l’État sont par ailleurs accessibles.
Déposer une demande d’autorisation
Attention, toute intervention modifiant l’aspect extérieur d’une construction (par exemple, la création d’une ouverture), est soumise à autorisation au titre du code de l’urbanisme délivrée par la mairie.
Il en est de même pour une extension, ou encore la réfection d’une façade en périmètre de protection.
La restauration d’une ruine est également très réglementée.
Les règles d’urbanisme sont fixées précisément par les communes, qui disposent de Plan d’Occupation des Sols, de Plan Local d’Urbanisme ou de carte communale.
Avant tous travaux, il est donc indispensable de se renseigner à la mairie, plusieurs mois à l’avance.
Il ne faut pas non plus négliger le patrimoine de proximité (fours, fontaines, chapelles, lavoirs, pigeonniers).
Celui-ci témoigne d’une organisation communautaire, de pratiques sociales et économiques aujourd’hui révolues. Jouant un rôle dans la mémoire collective tout en faisant partie de notre cadre de vie quotidien, ces édifices méritent une attention particulière, tout comme les maisons que nous habitons.

