Les milieux aquatiques

Balcon de la Mescla, vue sur le Verdon ©D.Allemand

Long de 165 km, le Verdon se caractérise par 5 grands aménagements hydroélectriques qui modifient profondément son fonctionnement.
Les affluents et les zones humides qui lui sont liés sont, comme lui, indispensables au bon état des milieux naturels.

Une gestion globale, équilibrée et concertée

Définie comme un objectif prioritaire de la charte dès la création du Parc naturel régional du Verdon en 1997, la gestion de l’eau et des milieux aquatiques est prise en charge par le Parc à l’échelle de tout le bassin versant du Verdon, et possède désormais un cadre, des outils et des moyens dédiés.

Le Parc du Verdon anime plusieurs démarches de gestion concertée :

  • le schéma d’aménagement et de gestion des eaux du Verdon (SAGE Verdon), validé en 2014, qui conjugue satisfaction des usages et préservation de la biodiversité ;
  • le contrat de rivière Verdon, signé en 2008 puis en 2017, qui établit des programmes pluriannuels d’actions ;
  • la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI), confiée au syndicat mixte du Parc depuis 2020, qui structure la gestion des cours d’eau et des zones humides.

Les grands enjeux de territoire liés à l’eau sont la gestion quantitative de la ressource, la préservation de sa qualité, la conciliation des usages, la préservation et la restauration des milieux aquatiques.
Ils passent par la mise en œuvre des solidarités, dans un esprit de concertation et de compromis.

Une eau de qualité

Sur le bassin du Verdon, 79 % des masses d’eau sont en bon état ou en très bon état écologique.
Les sources de pollution sont assez circonscrites.
En surface, elles sont dues à des rejets ponctuels liés à l’assainissement.
Pour les eaux souterraines, les nappes polluées se situent sur le plateau de Valensole (nitrates et pesticides) : 5 captages y ont été classés prioritaires et un programme de reconquête de la qualité des eaux a été mis en place depuis 2013.

Des milieux naturels aquatiques fragilisés

Parce qu’ils sont un vrai obstacle à la circulation des espèces, et modifient le régime des eaux et la circulation des sédiments, les barrages ont un impact fort sur la biodiversité et les habitats.
Un travail a donc été engagé en faveur des milieux aquatiques pour assurer leur préservation et garantir leur prise en compte dans la gestion des grands aménagements.

Exemples :

  • Définition et mise en œuvre en 2011 de nouveaux débits réservés (débit minimum qui doit être laissé en permanence à l’aval du barrage pour permettre la vie, la circulation et la reproduction des espèces),
  • travail sur la gestion des sédiments qui a démarré en 2020…
Apron du Rhône
Apron du Rhône © G.Ruiz

Plusieurs actions sont conduites en faveur du bon état des milieux aquatiques telles que la restauration et l’entretien des ripisylves, la gestion des prélèvements, des économies d’eau, des suivis d’espèces patrimoniales (Apron du Rhône, Castor), la restauration des continuités écologiques, la préservation des zones humides…

Mais des questions nouvelles se posent.
Les espèces invasives qui concurrencent les espèces endémiques se révèlent problématiques.
Il est de plus en plus nécessaire d’assurer la circulation des sédiments et d’enrayer l’érosion des habitats aquatiques en passant par le rétablissement de la morphologie originelle des cours d’eau.

Produire de l’électricité, fournir de l’eau pour l’alimentation, les cultures et l’industrie tout en garantissant les activités touristiques ou de loisirs sur les retenues et les cours d’eau… les barrages répondent à de multiples usages.

Les études réalisées ayant montré que la sauvegarde des milieux aquatiques passe d’abord par l’augmentation du débit des cours d’eau, le Parc a dû engager un vaste travail de concertation et de compromis entre tous les acteurs pour en définir le niveau.
Toujours dans l’esprit de conciliation et de préservation des usages, le Parc anime, depuis 2010, un plan de gestion de la rivière du Moyen-Verdon destiné à réduire l’impact des activités de loisirs sur le milieu (piétinement et raclage des fonds, dégradation des rives, dérangement de la faune…).