Les arbres fruitiers ont participé à la structuration des paysages du Parc du Verdon.
Pommiers, poiriers, pruniers, amandiers, oliviers, cerisiers, figuiers, sont parties intégrante de son patrimoine arboricole.
Aujourd’hui, certains vergers, ou arbres isolés, sont les témoins d’une ancienne et intense activité, où les fruitiers étaient généralement associés à d’autres culture.
Sur le territoire du Verdon, la diversité fruitière s’est constituée avec l’évolution des pratiques agricoles, sociales et commerciales. Elle est issue d’une sélection paysanne des espèces et variétés locales, mais aussi introduites via les Alpes du Nord, la vallée du Rhône ou le piedmont italien, au grès des migrations de populations.
Les arbres fruitiers étaient surtout cultivés pour répondre aux besoins alimentaires des familles locales tout au long de l’année, et participaient ainsi à une économie familiale et à un commerce local.
Avec l’amélioration des axes de communication et la modernisation des transports, ce commerce a progressivement progressé au niveau régional, voire national pour les prunes séchées.

Les fruitiers étaient donc omniprésents dans le paysage rural.
On trouvait, par exemple, des pommiers, poiriers ou pruniers dans les prés-vergers en fond de vallée, isolés en plein champ, en haies, ou encore, dans les jardins-potagers près des villages.
Les coteaux secs aménagés en terrasses abritaient des amandiers, oliviers, associés à des cultures de céréales, légumineuses, ou des vignes. Les plateaux, eux, pouvaient être plantés d’amandiers, entre lesquels étaient cultivées des céréales, ou plus récemment du lavandin.
Les résultats d’une enquête agricole réalisée dans les années 1930, nous donnent un aperçu de l’importance de la production fruitière sur le territoire du Parc du Verdon.

La diversité des espèces et des variétés permettait l’échelonnage de la production de fruits, et donc leur consommation, sur presque toute l’année. Certains fruits de garde de conservation tardive étaient souvent commercialisés à l’extérieur du territoire. Certains étaient aussi traditionnellement consommés séchés, comme par exemple la célèbre prune provençale Perdrigon, appelée une fois séchée, la Pistole, mais aussi en « partiés » pour les poires, ou en mélique, c’est-à-dire confits avec du miel, ou encore, distillés pour faire du cidre !

Ce long travail de recueillement et de recensement d’informations, de données, de savoirs paysans, sur la production fruitière est issu de la collaboration entre de nombreux acteurs et le Parc du Verdon, comme, des associations locales, comme Petra Castellana (association de sauvegarde du patrimoine du Pays de Castellane), des producteurs amateurs passionnés, des érudits locaux comme Jean-Luc Domenge, des chercheurs professionnels, comme Pauline Mayer, Laurence Chabert, Nathalie Moulin et Annick Fedensieux.
Pour en savoir plus sur l’arboriculture paysanne autrefois pratiquée dans le Verdon, plusieurs ouvrages sont consultables au centre de ressources de la Maison du Parc, comme « Mémoire et paysage du Verdon : le dit de l’arbre ».
Également, la synthèse d’une étude ethno-historique passionnante, réalisée par Pauline Mayer et publiée par le Parc du Verdon, est téléchargeable.
Cependant, face à la spécialisation de la production fruitière depuis le milieu du XXème siècle, et l’arrivée des circuits de distribution moderne, les anciennes variétés ont été progressivement délaissées au profit de quelques variétés. Aujourd’hui, en France, seulement trois variétés de pommes représentent 60% de la production totale (Golden Delicious, Gala, Granny Smith). La production fruitière sur tout le territoire du Verdon a alors drastiquement diminué, accompagnée d’une sévère érosion de sa diversité. Ainsi, des variétés de pommes et de poires, typiques du Verdon, risquent de disparaitre, ou même ont déjà définitivement disparues…
