Prépondérants sur le territoire, les espaces naturels et forestiers sont à la fois des marqueurs identitaires et des facteurs d’attractivité incontournables. Mais, sans un développement encadré, ces paysages et ces patrimoines pourraient se déqualifier et perdre de leur attrait.
Des espaces artificialisés en progression
Malgré leur faible part sur le territoire (3 %), les espaces artificialisés sont en forte progression, avec plus 23 % entre 1999 et 2015.
Essentiellement réalisée au détriment des espaces agricoles (630 ha perdus en 15 ans) et naturels (560 ha), cette consommation foncière est d’abord dédiée à l’habitat.
Beaucoup plus marquée dans le Var (70 %) que dans les Alpes-de-Haute-Provence (30 %), cette pression s’explique à la fois par les dynamiques démographiques qui sont à l’œuvre, et par la proximité des agglomérations et des pôles d’emplois qui caractérisent l’ouest du territoire.
Un interlocuteur-clé de la planification
La charte n’est pas directement opposable aux autorisations de construire et d’aménager, elle s’impose en revanche aux documents qui les encadrent.
Depuis 2013, les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) se sont multipliés sur le territoire, et deux Schémas de COhérence Territoriale (SCoT) portant en partie sur le territoire du Parc ont été approuvés.
Le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires (SRADDET) a été adopté en 2019, faisant du Parc du Verdon un interlocuteur-clé de la planification sur son territoire.
Depuis 2016, une trentaine de PLU, deux cartes communales, un PLU intercommunal et quatre SCoT ont été suivis et accompagnés par le Parc.
Trente porter-à-connaissance multi-thématiques ont été réalisés permettant de faire remonter entre autres, les enjeux de préservation du patrimoine bâti, des zones humides ou encore des gîtes à chauves-souris.
Trente-deux avis ont également été émis sur les documents d’urbanisme.
Sur les communes de Quinson, Peyroules, Saint-Julien-du-Verdon, Trigance, Ginasservis et La Palud-sur-Verdon, des études paysagères et environnementales ont également permis d’améliorer la connaissance des richesses et des enjeux et ainsi de mieux les intégrer lors de l’élaboration des projets communaux.
Peu attendu en matière de stratégie foncière (projets de lotissements privés, création d’infrastructures publiques…), le Parc du Verdon est en revanche associé à un grand nombre de projets d’aménagements (travaux sur des sites sensibles, projets en cœur de village, projets touristiques, installations photovoltaïques…) qui lui permettent d’exercer une influence favorable au développement rural.
Une préservation des paysages sur le long terme
En matière de paysages, le Parc est engagé dans une réflexion à long terme dont les résultats seront progressivement visibles.
Des études pré-opérationnelles ont été menées, portant notamment sur la requalification paysagère de secteurs naturels et touristiques dégradés.
C’est surtout l’aspect conseil qui a été privilégié, avec la tenue de permanences conseils en architecture et paysage à Riez, Castellane, Vinon-sur-Verdon et Aups, selon les périodes, et adressées aux porteurs de projet publics et privés.
D’autres outils ont également été déployés pour la préservation du cadre de vie, tels que l’animation d’une charte signalétique au sein des communes du Parc, ainsi que l’édition de guides sur l’insertion des bâtiments agricoles et sur les plantations aux abords des maisons.
Sources des chiffres : INSEE 2022 – IGN 2024 – AGRESTE 2020 – BD OCSOL 2019 (Région Sud)